Paludisme en milieu hospitalier au CHU d’Antananarivo

Date et heure:

19/06/2008
09:00 - 10:00


Lieu:

RAFT-Madagascar


Description:
Enseignant : Dr Rivo RAKOTOARIVELO (Madagascar)

Objectifs d'apprentissage:

  • Décrire les aspects épidemio-cliniques du paludisme grave à l’hôpital
  • Rappeler le traitement recommandé
  • Identifier les problèmes de la prise en charge

Résumé:

Le paludisme reste un fardeau pour la santé à Madagascar. Dans les centres de santé de base, 20 % des cas de fièvre sont attribués au paludisme présumé. A l’hôpital, deux tableaux sont habituellement rencontré : la forme simple et la forme grave. Cette dernière est due au Plasmodium falciparum, l’espèce plasmodiale la plus fréquente à Madagascar. Le pronostic dépend de la précocité du diagnostic et de l’adéquation du traitement.
Nous avons réalisé une étude prospective sur une période de 18 mois (01 Mars 2006 au 31 Octobre 2007) dans le service des Maladies Infectieuses au Centre Hospitalier Universitaire d’Antananarivo (CHUA). Les méthodes de diagnostics utilisés étaient la goutte épaisse – frottis mince et le test de diagnostic rapide du paludisme. Les critères de l’OMS en 2000 étaient utilisés pour la définition du paludisme grave.
Durant cette période 1192 patients étaient hospitalisés dans le service des Maladies Infectieuses. Parmi les 108 cas de paludisme confirmés (9,1 % des cas), 44 (3,7 % des cas) étaient de paludisme grave. Le sex-ratio était à 2,14. Les âges extrêmes étaient de 17 et 68 ans avec un âge moyen de 34,7 ans. Parmi les 25 malades qui avaient eu une consultation médicale avant leur admission à l’hôpital, 10 avaient reçu de la quinine à la dose de 600 mg/j en intramusculaire pendant 3 jours. Ces consultations avaient lieu dans les 24 h qui suivaient le début des symptômes dans 14 cas sur 25 (56 % des cas). Seulement, 38,6 % des patients (n=17) étaient arrivés à l’hôpital dans les 72 h qui suivaient le début de leur maladie. Les principaux signes de gravité rencontrée étaient les troubles de la conscience (65,9 %), l’ictère (27,3 %), et les crises convulsives (15,9 %). Une association des 2 ou plus des signes de gravité était présente dans 34,1 % des cas. La quinine était utilisée comme un traitement de choix dans 93,2 % des cas. Au début, le traitement était en perfusion intraveineuse puis par la voie orale au bout de 72 h dans 53,7 % des cas. L’évolution était fatale pour 5 malades dont 2 femmes enceintes. Et deux cas de fièvre bilieuse hémoglobinurique (FBH) étaient rencontrés.
En dehors de l’hôpital, le diagnostic de paludisme est le plus souvent un diagnostic de présomption. Le paludisme grave survient en raison d’un retard de prise en charge, par négligence des patients ou de leur entourage, retard de diagnostic, et traitement non adapté.


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